Les Mains qui Dorment

 

Les crises économiques et le chômage de masse créent des frustrations qui amplifient les phénomènes de violence et de stigmatisation des minorités au sein des sociétés. Cela s'est vérifié plusieurs fois dans l'histoire à travers le monde et c'est encore le cas aujourd'hui. Tout le monde le sait et c'est une banalité de le dire.

Tout le monde a en tête les images de la crise de 29 et de la montée du fascisme en Europe, que ce soit de vieilles images désuètes en noir et blanc ou même d'innombrables films et romans, tout cela est bien loin de notre réalité quotidienne. En convertissant ces vieilles images noir et blanc en couleur, puis en relief, on ne rend pas ces photos plus réalistes et attrayantes, mais on fait ressentir les personnages des photos avec la sensation réservée habituellement à ceux que l'on croise tous les jours (voir à propos / stéréoscopie ). Il ne s'agit pas de comprendre ou d’analyser quoi que ce soit – il y a les romans et les essais pour ça – mais simplement de ressentir : ressentir l'humiliation de ces pères de familles aux mains épaisses, patinées par le travail manuel, aux mains qui attendent, que personne ne veut, qui dorment.

Ressentir ces personnes avec la même sensation de relief avec laquelle on ne voit habituellement que nos proches et les autres personnes que l'on croise tous les jours aide à les considérer comme des semblables, avec empathie, et non comme des personnages fictifs. En partageant ces émotions on peut ressentir alors comment ces mains, dans un contexte similaire mais de l'autre côté de l'Atlantique, peuvent servir à l'expansion du fascisme, à l'exclusion d'une partie de la population, puis à une escalade de la violence.

Ces photos proviennent des fonds de la Bundesarchive et de Wikimédia.org.

 

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