À propos

Introduction 

Tout commença lors d'une innocente ballade automnale, quand le vénérable fondateur de ce site eut envie de prendre sa première photo en 3D. Il s'agissait d'un pommier dont la constellation écarlate baignait langoureusement dans les rayons dorés d'un soleil qui étincelait dans chaque goutte de rosée, tel mille cierges pleurant sur l'autel de l'innocence humaine. Sur l'écran de l'appareil photo, ça ne ressemblait au mieux qu'à une nappe cirée bon marché. Crotte.

Quand soudain, une pomme lui tomba sur la tête, il eu donc l'idée de la loi de la gravitation universelle, mais cela ne l'aidait pas à résoudre son problème.

Quand soudain, plus tard, il eut l'idée de prendre une photo en 3D, en faisant deux prises de vues, avec l'objectif en face de l’œil gauche puis de l’œil droit. Ce n'était pas plus compliqué. Pour voir cette image en 3D il fallait que chaque œil voit la photo correspondante. Il existait pour cela d’innombrables dispositifs ; lunettes, TV, smartphones, casques de réalité virtuelles, etc... Le problème était que même le moins cher ne valait pas le coup juste pour une photo de pommier et surtout, aucun ne permettait de montrer la photo facilement à son entourage, notamment à sa mère qui vivait loin.

Il décida alors de concevoir un appareil de vision 3D uniquement avec des matériaux de récupération et des produits ménagers pour que chacun puisse le construire chez soi. Il mit au point le Focuscope, des racines focus (feu) et scope (voire) en latin, ou grec, je ne sais plus. De même que le télescope permet de voir loin, le focuscope permet lui de voir en 3D en utilisant la déformation de l'air chaud, en l’occurrence générée par une immense flamme alimentée au SP95 ou 98. Malgré des résultats spectaculaires, le fondateur de ce site dut abandonner ce projet devant les réticences de sa mère, au profit d'une méthode plus douce :

Le résultat fut un site internet accompagnant hypnotiquement la divergence et la focalisation de la vision, et une formule magique pour encourager les esprits: Focus Copus !

 

La stéréoscopie

 

 

Cette méthode existe depuis longtemps et si elle peut paraître rustique, c'est selon plusieurs vieux adeptes celle qui leur procure la meilleure sensation de 3D. Cependant, c'est difficile et fatiguant à faire les premières fois car ce n'est pas un geste naturel pour les yeux. Ce site propose donc une méthode pour accompagner ce mouvement tout en douceur pour que ça ne reste pas le privilège de vieux adeptes.

En vous approchant au maximum de l'écran, tout d'abord vos yeux ne peuvent plus loucher assez, l'image se dédouble :

 

En s'approchant encore, vos yeux ne peuvent plus focaliser, l'image devient floue :

 

Vos yeux se relâchent, comme s'ils regardaient à l'infini. Ils sont en position de repos, tout comme votre cerveau qui n'essaie plus de superposer les images pour se représenter quelque chose de net. Si vous avez approché chaque œil en face d'un cercle, vous verrez donc deux cercles flous se chevaucher. En ajustant l'écart des deux cercles avec la molette de la souris jusqu'à ce qu'il corresponde à l'écart entre vos deux yeux, ils se superposeront parfaitement.

 

Les yeux présentent deux images identiques au cerveau qui en déduira, comme il en a l'habitude, qu'il s'agit de la même image et donc, que les yeux regardent le même cercle. Le même cercle flou. Il ne restera qu'à focaliser pour le voir net. A cette étape, vous avez quasiment terminé et pour l'instant, cela n'a nécessité aucun effort, tout s'est produit naturellement avec le rapprochement des yeux. La suite demande un peu plus de concentration.

Pour que la focalisation soit possible, il faudra reculer, assez lentement pour que votre regard reste fixé sur le cercle central. En effet à ce stade les yeux convergent à l'infini mais focalisent à quelques centimètres, d'où un gros bordel si les cercles s'éloignent trop vite. Mais pour voir net plus facilement, on peut garder les paupières entrouvertes car le fait de regarder à travers une petite ouverture augmente la profondeur de champs. C'est grâce à ce principe qu'en réduisant l'ouverture du diaphragme d'un appareil photo on réduit le flou de l'arrière plan, ou encore que les myopes peuvent lire en regardant à travers un petit trou dans une feuille. Il faut donc juste reculer lentement en fixant le cercle flou, les paupières légèrement entrouvertes.

 

Le cercle apparaîtra net et semblera se décoller du fond d'écran qui apparaîtra lui aussi en 3D. Il ne reste plus qu'à cliquer pour qu'une image en 3D remplace le cercle. Pour marquer votre émerveillement, vous pouvez alors agiter frénétiquement les bras en scandant « focus copus, focus copus ! », après avoir vérifié que vous êtes bien seul et que vous avez fermé les fenêtres. Cette étape est facultative.

 

L'image se répète sur la droite et sur la gauche, mais en 2D.  Ainsi les champs de vision de chaque œil se superposent parfaitement. Sinon, la superposition de l'image vue par un œil et du fond d'écran vu par l'autre provoquerait un bug visuel désagréable.

 

Avec un peu de pratique (une dizaine d'essais), on pourra rapidement agrandir les images avec la molette de la souris et se rapprocher de l'écran pour que l'image 3D occupe une plus grande partie du champ de vision. On pourra même se passer des cercles de cette introduction et diverger naturellement le regard directement avec les photos.

Santé

Cette technique ne nuit nullement aux yeux ou à la vue, au contraire, elle s'apparente à une gymnastique. Nos yeux restent souvent dans la même position, surtout au travail, à regarder de près un ordinateur ou une feuille. C'est cela qui peut nuire aux yeux. Le fait de diverger en vision parallèle, à l'infini, équivaut à étirer ses jambes après les avoir gardées pliées plusieurs heures, en voiture par exemple. Comme toute gymnastique ça peut faire beaucoup de bien à long terme, à condition de ne pas forcer, surtout concernant les enfants dont les yeux ne sont pas encore matures. Pour plus d'information, visitez le site du réseau des optométristes américains.

Une autre approche du relief

Certains auront remarqué qu'au terme d'une journée de travail fatigante, les yeux peuvent diverger naturellement. Dans ces doux moments où l'on a la tête dans la lune, les yeux dans le vague, avant qu'un collègue vienne claquer des doigts en ricanant devant vos yeux.

Votre cerveau et vos yeux agissent alors comme un bœuf de labour qui profite que son maître a le dos tourné pour s'allonger à l'ombre, manger des pâquerettes et regarder les nuages. C'est un signe de fatigue et de ras le bol.

Plutôt que de reprendre un autre café-redbull la prochaine fois que ça vous arrive, essayez d'aller sur focuscopus, laissez vous aller, faites superposer les cercles sans même vous coller à l'écran pour que votre vision s’adapte à votre regard dissident, et non l'inverse, vous verrez c'est agréable.

FocusCopus revendique une forme de “slow technology” qui va à l'encontre de la tendance à rendre la satisfaction de toute pulsion à portée de clic, à chaque instant : information, achat, sexe, divertissement... Tout cela perd de la valeur et peut contribuer à rendre notre vie insipide. La démarche qu'exige la première vision en 3D n'est donc pas une contrainte dont on se passerait bien mais elle fait partie de l'expérience. Ce n'est pas tous les jours qu'un site agit aussi directement sur notre corps, dupe nos sens, nous fait toucher l'écran du nez, sollicite notre capacité à explorer des parties méconnues de notre cerveau. Il s'agit d'une sorte d'épreuve initiatique. On n’apprécie pas de la même façon la vue qu'offre un belvédère si on est monté à pied ou en voiture.

FocusCopus propose donc un nouveau moyen de voir en 3D, un moyen gratuit et accessible à tous les utilisateurs d'un ordinateur et d'internet. Mais FocusCopus propose aussi une nouvelle façon de considérer la 3D qui découle et s’adapte parfaitement à cette slow tecnology.

Voir un film ou jouer à un jeu vidéo en 3D pendant deux heures peut être fatiguant pour les yeux et le cerveau. C'est pourquoi la plupart des films 3D ont une belle scène en 3D au début pour « l'effet waouh » puis ils diminuent la profondeur du relief le reste du film pour que les spectateurs ne vomissent pas sur la moquette du cinéma en sortant. De même, la plupart des utilisateurs de la console 3DS de Nintendo passent en mode 2D après un certain temps d'utilisation pour plus de confort. Sans parler des essais avortés de TV ou de smartphones 3D.

Cela est du à 2 raisons :

-1 : la 3D, ça va bien 5 minutes, après ça fait mal à la tête et on n'y fait même plus attention, surtout si ça bouge trop.

Si les films 3D ne diminuaient pas la profondeur au bout de 5mn, on s'habituerait quand même et ça ne ferait plus « waouh », mais en plus ça nous fatiguerait. Quelque soit la technologie révolutionnaire de vision 3D, il s'agira de regarder un écran plat ; alors que le décalage des éléments vus par les deux yeux indiquera une variation de profondeur, la focalisation des yeux, qui est un autre indicateur de la profondeur, indiquera lui une profondeur égale, celle de l'écran.  A chaque changement de plans, ces deux indicateurs vont échouer à se mettre d'accord sur la profondeur de la scène. De même que lorsque vous êtes en bateau, votre vision indique que vous ne bougez pas alors que votre oreille interne indique que vous montez et descendez sans arrêt. Dans ces deux cas le cerveau agit de la même manière : avec le gros bouton rouge « méchante nausée ». En plus de fatiguer l’œil, les plans courts et dynamiques atténuent l'effet de 3D. Plus ça bouge, plus le cerveau semble occupé à analyser chaque mouvement de la scène et prend peu en compte la profondeur qui n'est pas déterminante dans sa compréhension.

C'est pourquoi FocusCopus prend le temps de présenter lentement des photos pour mieux apprécier une « 3D sensible et contemplative » plutôt qu'une « 3D sensation forte ». Et ça ne dure pas plus de 5mn.

-2 : La 3D, si ça n'apporte rien au sens de l'image, ça ne va même pas 5 minutes.

Tout d'abord, certaines scènes gagneraient à être vues en 3D (comme les pommiers par exemple), d'autres non. De même qu'une photo en noir et blanc peut mieux exprimer l'esprit que l'on veut garder d'une scène qu'en couleur, et inversement. La 3D n'est pas « mieux » mais complémentaire et occasionnelle. Toute l'histoire et tous les plans d'un long métrage ont peu de chances d'être pertinents en 3D. Le format court et tranquille de FocusCopus est plus apte à capter l'essence de la 3D dans sa globalité.

Mais surtout, en plus de cet aspect technique d'une meilleure représentation des volumes, la 3D est une sensation intime et subtile. Ce point mérite au moins un petit chapitre au titre ambitieux ;

 

***Manifeste pour une 3D sensible et contemplative***

"Ben dis donc, il n'a pas froid aux yeux l'gamin!". Quoi qu'on en dise, la 3D est trop souvent associée au mieux à une vulgaire curiosité de foire (« voir un T-Rex traverser l'écran », « nager dans la barrière de corail et toucher les poissons »...), au pire à un simple argument marketing pour faire vendre plus de places, plus chères, pour un film n'ayant même pas cette ambition d'immersion. Cela s'explique par les coûts élevés de la production et de la distribution des films en 3D. Seules de grosses sociétés de production se sont alors emparé du média qui a du répondre à des impératifs de rentabilité en restant un divertissement très grand public consensuel et facile à mâcher.

Or la 3D ne sert pas qu'à accentuer le réalisme d'une scène et encore moins à vendre des billets plus chers. C'est avant tout une sensation qui fait remonter des instincts profondément ancrés en nous. Sans vision 3D, il est quasiment impossible de grimper aux arbres, chasser, cueillir ou se battre. Des actes loin d'être anodins, qui ne conditionnent plus notre survie dans le monde moderne, mais qui restent profondément ancrés en nous car nous sommes les descendants de ceux qui avaient la meilleur vision 3D. Ceux qui sont nés avec un seul œil au milieu du front se sont faits vite manger par des ours. Quand on voit une image en 3D d'un homme agressif, on se met plus en alerte qu'avec une image en 2D. Une image 3D ne nous apporte pas juste une information sur la profondeur des éléments mais une sensation tactile, une impression de vivre l'image. Regardez une simple photo de poignée de porte en 3D et votre inconscient l'a déjà ouverte, vous savez les sensations que procurent sur votre main son matériau et sa forme. Imaginez alors les effets d'une image érotique...Ü

On ne voit pas les montagnes en relief, ni les fourmis : que représentent les 6cm d'écart de nos yeux par rapport aux centaines de mètres des montagnes ou aux millimètres des fourmis ? Nous voyons idéalement en 3D à une distance de 1 à 10m, c'est à dire l’environnement domestique et urbain, mais surtout les gens. On sait maintenant grâce à la neuroscience qu'en regardant une personne, on mime intérieurement l'expression de son visage et de son corps, et l'on ressent ses sentiments, tristesse joie, angoisse. Vous aurez compris maintenant à quel point cette empathie sera plus forte avec une photo en 3D plutôt qu'en 2D. C'est ce qui a motivé la conception de la série de photos « les mains qui dorment ».

Prendre de vieilles photo de la montée du nazisme appartenant à l'histoire et les convertir en couleur et en relief pour mieux ressentir, revivre, ce qu'on pu vivre dans les années 30 tant les futurs persécutés que les futurs persécuteurs. Le fait de ressentir cela, et ne pas seulement le savoir ou le comprendre, permet de faire un parallèle avec ce que l'on ressent quand on voit les mêmes frustrations, les mêmes angoisses, dans les visages que l'on voit tous les jours aujourd'hui. Si ce thème sensible peut être abordé avec pertinence, cela prouve qu'il s'agit bien d'une nouvelle conception de la 3D. En effet, il serait évidement déplacé de l'aborder avec l'autre conception de la 3D, à savoir l'argument marketing et sensations fortes : « Nouveau ! Venez découvrir la Shoah en 3D Real Max comme si vous y étiez !...Bientôt dans les salles équipées... Réservez vite votre mug collector, etc... »

Si l'on ne voit pas les paysages en relief avec nos deux yeux, on peut les prendre en photo 3D si l'on écarte les prises de vues de quelques mètres. Ainsi on créera une nouvelle approche vis à vis du paysage, une nouvelle façon de le voir, plus intime et sensible. Un sensation qui s'approche de ce que l'on ressent en regardant rêveur le paysage défiler lors de longs voyages en train, en voiture ou même en mobylette comme lors du voyage sud américain du jeune Ernesto Guevara dont une autre série de photos est dédiée. Elle tente de faire ressentir les émotions du futur révolutionnaire alors jeune utopiste la tête dans les nuages, dont la soif de liberté était plus grande que le continent parcouru, de même que l'envergure du personnage que ce voyage à enfanté.

Car, en plus de conférer une dimension tactile au paysage, la stéréoscopie diminue sa taille (de même qu'elle augmente celle des fourmis) en le faisant entrer dans l'échelle de notre environnement domestique ou urbain. On peut ainsi avoir l'impression de voir une maquette, et c'est cette impression qui sera exploitée dans une future série traitant la muséification de la France avec des paysages en 3D vus d'hélicoptère.